Les Pennes Mirabeau

Chiffres-clés

La commune des Pennes Mirabeau, avec 21 000 habitants environ, est située au nord de Marseille et au sud de Marignane-Vitrolles. Elle est marquée par le passage des autoroutes A55 et A7 qui permettent des transits nord-sud et est-ouest. Elle recèle cependant un patchwork de configurations : village, zones boisées, urbaines, résidentielles, industrielles, artisanales et de services, agricoles ...

Ainsi, les sources d’émissions comprennent celles des transports routiers :  réseau viaire du village et des zones urbaines résidentielles, liaisons routières avec les communes voisines. Les activités industrielles et celles du secteur tertiaire influent sur les émissions. Les combustions des chauffages au bois (secteur résidentiel) et des brûlages sont des sources, sur la commune, susceptibles de dégrader régulièrement la qualité de l’air. A noter une pollution photochimique estivale marquée, au-delà de la commune, à l’échelle du département, en lien avec les grands pôles industriels et urbains proches.

La qualité de l’air s’améliore depuis une vingtaine d’année, cependant des problématiques subsistent, qu’elles soient locales (dioxyde d’azote, particules...) ou plus générales (particules, ozone), générant une exposition des populations aux polluants atmosphériques.

En ce qui concerne le NO2, en 2020, aucun habitant n’est exposé à la valeur limite pour la santé humaine, mais 82 % de la population l’est au regard de la ligne directrice de l’OMS plus restrictive.

Pour les particules PM10, moins de 500 personnes sont exposés à la valeur limite pour les PM10, mais 60 % de la population se place au-dessus du seuil de la ligne directrice OMS; et c’est l’ensemble de la population : 100 %, qui est exposée à la ligne directrice de l’OMS pour les particules PM2.5, celle-ci étant, en effet, située sous le niveau de fond évalué pour la Région Sud.

En 2020, 500 Pennois environ (2 %) sont exposés au dépassement de la valeur cible pour l’ozone.

 

Indice Synthétique Air

 

 

 

Cette carte synthétique, basée sur 3 polluants règlementés PM10, NO2 et O3 qualifie les zones ayant un niveau d’exposition à ces polluants plus ou moins élevés. Les grandes zones urbanisées, les réseaux routiers et autoroutiers denses, les grands pôles industriels du territoire, ports et aéroports, ont un impact important sur les émissions de polluants atmosphériques.

Sur Les Pennes Mirabeau, les zones à enjeux se situent au niveau des voiries les plus importantes au niveau desquelles les concentrations en oxydes d’azote augmentent en relation avec le trafic routier : il s’agit des voies principales de traverse nord-sud de la commune : avenue Francois Mitterrand, Vieille route de la Gavotte, des voies est-ouest et traversant le vieux village : avenue Victor Hugo et avenue General Leclerc, avenue du Plan de Campagne, D113, D368, des autoroutes A 55 et A7 et de deux échangeurs importants : celui de  Versailles, au niveau de l’entreprise Coca Cola alimentant les D113, D6 et D368, et celui autoroutier de la Cabassette-La Pigné.

La pollution et les nuisances industrielles sont présentes avec des installations classées locales, mais également avec l’arrivée, selon la météorologie, de panaches de la zone pétrochimique de l’Etang de Berre.

A l’échelle de la commune, les combustions des chauffages au bois et des brûlages sont des sources présentes de particules notamment, susceptibles de dégrader régulièrement la qualité de l’air. Les particules liées à la combustion de biomasse augmentent dans les périodes froides pendant lesquelles la demande en énergie est plus forte avec des chaufferies et chauffages domestiques plus utilisés et donc plus émissifs.

La pollution photochimique, quant à elle, est en relation avec des phénomènes plus globaux géographiquement : les émissions de polluants primaires issus du trafic des villes de la métropole (oxydes d’azote) ou des industries (composés organiques volatils), vont se transformer en ozone, notamment en saison estivale, le soleil agissant comme un catalyseur de ces réactions chimiques... L’ensemble du territoire dont Les Pennes Mirabeau fait partie est touché par cette pollution photochimique avec des pics en été et des dépassements chroniques de la valeur cible pour ce polluant au niveau des populations métropolitaines.

 

Populations exposées au dépassement

 

 

Le graphe illustre le nombre d’habitant exposé à la valeur cible en ozone.

En ce qui concerne l’ozone, en 2020, 500 habitants de Les Pennes Mirabeau (2 %) sont exposés au-delà de la valeur cible (120 µg/m3 sur 8h plus de 25 jours/an). L’année 2020 est un peu atypique, avec un temps plus perturbé (succession remarquable de tempêtes en début d’année et épisodes méditerranéens extrêmement violents- source MétéoFrance) ce qui a moins favorisé la hausse chronique des niveaux d’ozone. Cette légère amélioration en 2020 n’est toutefois pas sensible à l’échelle de Les Pennes Mirabeau. Les années 2013 et 2014, avec 8000 habitants exposés avaient pu montrer une légère diminution, 6 ans auparavant.

En ce qui concerne le NO2, en 2020, aucun habitant n’est exposé à la valeur limite pour la santé pour ce polluant (40 µg/m3/an) sur une population de 21 000 habitants.

Cependant, si l'on s’attache à la ligne directrice OMS pour le NO2 (10 µg/m3/an), ce sont cependant 17 200 habitants des Pennes Mirabeau qui y sont exposés, représentant 82 % de la population. (Les seuils OMS : LD ou lignes directrices se sont durcies récemment).

En 2020, pour les PM10 : moins de 500 habitants sont exposés à la valeur limite annuelle (40 µg/m³/an). Au regard de la ligne directrice OMS (15 µg/m³ par an), 12 500 habitants sont exposés : 60 % de la population.

 

Historique des épisodes

En 2021, à l’échelle du département des Bouches du Rhône, 10 épisodes de pollution à l’ozone sont recensés ainsi que 13 épisodes de pollution aux particules fines.

Les épisodes d’ozone se sont produits entre le 11 juin et le 15 août, en pleine période estivale. Ces dernières années, le nombre de ces pics de pollution à l’ozone a pu varier entre 7 et 25 pics ; ils sont à mettre en relation avec des conditions météorologiques (ensoleillement et régimes de brises) propices à la photochimie, fréquentes. Selon Copernicus, le programme européen d'observation de la Terre, les sept années de 2015 à 2021 ont été de façon "nette" les plus chaudes jamais enregistrées de l'histoire.

Les épisodes de pollution aux particules ont révélé deux sources possibles : la grande majorité d’entre eux correspondent à des phénomènes de « combustion hivernale » ; en effet les émissions des chauffages, des transports, et des industries lors de conditions atmosphériques stables entrainent une augmentions des émissions de particules dans l’atmosphère. Notamment, avec les combustions des chauffages (fioul, bois...) les particules issues du brûlage de biomasse sont très présentes lors des périodes froides. L’autre source est celle des épisodes sahariens avec apport de particules désertiques sur la métropole mais également à l’échelle du Sud-Est de la France, notamment en février-mars et en août 2021.

 

Émissions des principaux secteurs d'activité

 

 

Sur Les Pennes Mirabeau, en 2019, la grande majorité des émissions d’oxydes d’azote sont issues des transports routiers à hauteur de 95 % ; ensuite le secteur résidentiel et tertiaire en génère 2 %, l’industrie 1 %, l’agriculture 1%...

Les particules fines (PM10) proviennent de 4 grands contributeurs sur le territoire de Les Pennes Mirabeau, le secteur des transports routiers est émissif à hauteur de 25 %, celui de l’industrie, pour 23%, le résidentiel pour  21%, et celui des émetteurs non inclus, pour 29% pour l’année de l’inventaire 2019.

 

Pour information, la catégorie Emetteurs non inclus regroupe les émissions non prises en compte dans les totaux sectoriels ainsi que les sources non anthropiques. Il s’agit notamment de la remise en suspension des particules fines, des feux de forêt et des sources naturelles (végétation).

Pour aller plus loin

Consultez - le jumeau numérique à la rubrique - Services / Smart territoires