Aix-en-Provence

Chiffres-clés

La commune d’Aix-en-Provence, avec 142 500 habitants environ, est marquée par le trafic de ses grandes avenues et de son boulevard périphérique, mais aussi par le passage des autoroutes A51 et A8 qui permettent des transits nord-sud et est-ouest, ainsi que par la D9 qui dessert la zone des Milles. Aix-en-Provence se compose de situations diversifiées : espaces urbains denses, zones résidentielles, industrielles, artisanales et de services, agricoles ... d’un aéroport et d’une gare TGV.

Ainsi, les sources d’émissions comprennent celles des transports routiers et celles des activités industrielles et tertiaires. Les combustions des chauffages au bois (secteur résidentiel) et des brûlages sont des sources, sur la commune, susceptibles de dégrader régulièrement la qualité de l’air. A noter une pollution photochimique estivale marquée, au-delà de la ville, à l’échelle du département, en lien avec les grands pôles industriels et urbains présents sur la Métropole.

La qualité de l’air s’améliore depuis une vingtaine d’année, cependant des problématiques subsistent, qu’elles soient locales (dioxyde d’azote, particules...) ou plus générales (particules, ozone), générant une exposition des populations aux polluants atmosphériques.

En ce qui concerne le NO2, en 2020, moins de 500 habitants sont exposés à la valeur limite pour la santé humaine, mais 78 % de la population l’est au regard de la ligne directrice de l’OMS plus restrictive.

Pour les particules PM10, aucune personne n’est exposée à la valeur limite pour les PM10, mais 46 % de la population se place au-dessus du seuil de la ligne directrice OMS ; et c’est l’ensemble de la population : 100 %, qui est exposée à la ligne directrice de l’OMS pour les particules PM2.5, celle-ci étant, en effet, située sous le niveau de fond évalué pour la Région Sud.

En 2020, 55 400 Aixois environ (39 %) sont exposés au dépassement de la valeur cible pour l’ozone.

 

Indice Synthétique Air

 

 

Cette carte synthétique, basée sur 3 polluants règlementés PM10, NO2 et O3 qualifie les zones ayant un niveau d’exposition à ces polluants plus ou moins élevés. Les grandes zones urbanisées, les réseaux routiers et autoroutiers denses, les grands pôles industriels du territoire, ports et aéroports, ont un impact important sur les émissions de polluants atmosphériques.

Sur Aix-en-Provence, les zones à enjeux se situent au niveau des voiries les plus importantes au niveau desquelles les concentrations en oxydes d’azote augmentent en relation avec le trafic routier : il s’agit du réseau structurant de la ville : boulevard du Roy René, Cours Saint Louis, boulevard Jean Jaurès, boulevard de la République, Route de Galice, avenue de l’Europe, avenue Henry Mouret, avenue Pierre Brossolette, Cours Gambetta, rue André Ampère dans la zone des Milles, ainsi que la D9 qui la dessert. De part et d’autre des autoroutes (A8, A51) et au niveau des échangeurs principaux les concentrations en dioxyde d’azote peuvent être importantes.

La pollution et les nuisances industrielles sont présentes avec des installations locales, surtout de production et transformation d’énergie, mais également avec l’arrivée, selon la météorologie, de panaches de la zone pétrochimique de l’Etang de Berre.

A l’échelle de la commune, les combustions des chauffages au bois et des brûlages sont des sources présentes de particules notamment, susceptibles de dégrader régulièrement la qualité de l’air. Les particules liées à la combustion de biomasse augmentent dans les périodes froides pendant lesquelles la demande en énergie est plus forte avec des chaufferies et chauffages domestiques plus utilisés et donc plus émissifs.

La pollution photochimique, quant à elle, est en relation avec des phénomènes plus globaux géographiquement : les émissions de polluants primaires issus du trafic des villes de la métropole (oxydes d’azote) ou des industries (composés organiques volatils), vont se transformer en ozone, notamment en saison estivale, le soleil agissant comme un catalyseur de ces réactions chimiques... L’ensemble du territoire dont Aix-en-Provence fait partie est touché par cette pollution photochimique avec des pics en été et des dépassements chroniques de la valeur cible pour ce polluant au niveau des populations métropolitaines.

 

Populations exposées au dépassement

 

 

 

Les graphes illustrent le nombre d’habitants exposés à la valeur limite pour le dioxyde d’azote et à la valeur cible en ozone.

En ce qui concerne l’ozone, en 2020, 55 400 habitants d’Aix-en-Provence (39 %) sont exposés au-delà de la valeur cible (120 µg/m3 sur 8h plus de 25 jours/an). L’année 2020 est un peu atypique, avec un temps plus perturbé (succession remarquable de tempêtes en début d’année et épisodes méditerranéens extrêmement violents- source MétéoFrance) ce qui a moins favorisé la hausse chronique des niveaux d’ozone.

En ce qui concerne le NO2, en 2020, moins de 500 habitants sont exposés à la valeur limite pour la santé pour ce polluant (40 µg/m3/an) sur une population de 42 500 habitants.

Cependant, si l'on s’attache à la ligne directrice OMS pour le NO2 (10 µg/m3/an), ce sont cependant 110 900 habitants d’Aix-en-Provence qui y sont exposés, représentant 78 % de la population. (Les seuils OMS : LD ou lignes directrices se sont durcies récemment).

En 2020, pour les PM10 : aucun habitant n’est exposé à la valeur limite annuelle (40 µg/m³/an). Au regard de la ligne directrice OMS (15 µg/m³ par an), 64 900 habitants sont exposés : 46 % de la population.

Pour les PM2.5, on ne constate aucune exposition à la valeur limite annuelle (25 µg/m³/an), alors que l’ensemble de la population (100 %) est exposé à la ligne directrice de l’OMS (5 µg/m3/an), celle-ci étant, en effet, située sous le niveau de fond évalué pour la Région Sud.

 

Concentrations annuelles aux stations de mesure

 

 

Les graphes ci-dessus représentent les concentrations annuelles en polluants au niveau des trois stations fixes d’Aix-en-Provence : Aix Roy René (ou Aix Centre) station de trafic, Aix Ecole d’Art (rue Emile Tavan) station de fond urbaine, et Aix Les Platanes station périurbaine pour la mesure de l’ozone.

 

Historique des épisodes

En 2021, à l’échelle du département des Bouches du Rhône, 10 épisodes de pollution à l’ozone sont recensés ainsi que 13 épisodes de pollution aux particules fines.

Les épisodes d’ozone se sont produits entre le 11 juin et le 15 août, en pleine période estivale. Ces dernières années, le nombre de ces pics de pollution à l’ozone a pu varier entre 7 et 25 pics ; ils sont à mettre en relation avec des conditions météorologiques (ensoleillement et régimes de brises) propices à la photochimie, fréquentes. Selon Copernicus, le programme européen d'observation de la Terre, les sept années de 2015 à 2021 ont été de façon "nette" les plus chaudes jamais enregistrées de l'histoire.

Les épisodes de pollution aux particules ont révélé deux sources possibles : la grande majorité d’entre eux correspondent à des phénomènes de « combustion hivernale » ; en effet les émissions des chauffages, des transports, et des industries lors de conditions atmosphériques stables entrainent une augmentions des émissions de particules dans l’atmosphère. Notamment, avec les combustions des chauffages (fioul, bois...) les particules issues du brûlage de biomasse sont très présentes lors des périodes froides. L’autre source est celle des épisodes sahariens avec apport de particules désertiques sur la métropole mais également à l’échelle du Sud-Est de la France, notamment en février-mars et en août 2021.

 

Émissions des principaux secteurs d'activité

 

 

Sur Aix-en-Provence, en 2019, la grande majorité des émissions d’oxydes d’azote sont issues des transports routiers à hauteur de 79 % ; ensuite le secteur résidentiel en génère 5%, le tertiaire 5%, l’industrie 4 % et sa branche énergie 2 %, l’agriculture 3%, le ferroviaire 2%...

Les particules fines (PM10) proviennent de 4 grands contributeurs sur le territoire d’Aix-en-Provence : le secteur des transports routiers est émissif à hauteur de 26 %, le résidentiel pour 27%, celui de l’industrie pour 11%, et celui des émetteurs non inclus pour 24% pour l’année de l’inventaire 2019 ; l’agriculture participa à hauteur de 7%.

Pour information, la catégorie Emetteurs non inclus regroupe les émissions non prises en compte dans les totaux sectoriels ainsi que les sources non anthropiques. Il s’agit notamment de la remise en suspension des particules fines, des feux de forêt et des sources naturelles (végétation).