Métropole d'Aix-Marseille-Provence

Chiffres-clés

La Métropole Aix Marseille Provence, avec 1 878 000 habitants environ, est un territoire avec une forte densité de population, des espaces naturels remarquables et de nombreuses sources de pollution de l’air.

Son empreinte marque la région Sud. En effet, elle émet entre 17% et 30% des émissions d’oxydes d’azotes, de particules et de composés organiques volatils à l’échelle de la région ; et 54% à 69 % de monoxyde de carbone et de dioxyde de soufre.

Les contributeurs majoritaires à ces émissions sont représentés par les secteurs des transports routiers et maritimes, le secteur industriel et sa branche production et transformation d’énergie et le secteur résidentiel, avec les émissions du chauffage.

Le ferroviaire, l’agriculture, l’aérien, le tertiaire et le secteur des déchets sont également présents.

A noter une pollution photochimique estivale marquée à l’échelle du département, et au-delà, en lien avec les grands pôles industriels et urbains de la métropole.

Lien vers CIGALE/inventaires – Visualisation

 

La qualité de l’air s’améliore depuis une vingtaine d’année, en raison des progrès technologiques (transports, industries, énergies), et des aménagements en termes de voiries ou d’urbanisations, plus protecteurs, qui tiennent compte de la qualité de l’air., ...

Lien vers les mesures

 

Cependant des problématiques subsistent, qu’elles soient locales (dioxyde d’azote, particules...) ou plus générales (particules, ozone), générant une exposition des populations aux polluants atmosphériques.

En ce qui concerne le NO2, en 2020, environ 2000 personnes sont exposées à la valeur limite pour la santé humaine, mais 79 % de la population métropolitaine l’est au regard de la ligne directrice de l’OMS plus restrictive.

Pour les particules PM10, moins de 500 personnes sont exposés à la valeur limite pour les PM10, mais 68 % de la population se place au-dessus du seuil de la ligne directrice OMS ; et c’est l’ensemble de la population également, 100 %, qui est exposée à la ligne directrice de l’OMS pour les particules PM2.5, celle-ci étant, en effet, située sous le niveau de fond évalué pour la Région Sud.

En 2020, 807 000 Métropolitains environ (43 %) sont exposés au dépassement de la valeur cible pour l’ozone.

Lien vers les cartes de concentrations

 

 

Indice Synthétique Air

 

 

L’exposition de la population aux polluants atmosphériques peut être observée via l’Indice Synthétique Air (ISA) qui cumule les concentrations de particules fines PM10, dioxyde d’azote et ozone sur une année. Il permet visualiser les zones les plus impactées par la pollution chronique, qui correspond à une exposition continue des populations.

Les enjeux du territoire vont se situer au niveau des zones urbanisées, des réseaux routiers et autoroutiers denses, des grands pôles industriels du territoire, autour des ports et aéroports, qui ont un impact sur les émissions de polluants atmosphériques, mais également en termes de nuisances (odeurs, fumées,) ; les combustions des chauffages au bois et les brûlages (secteur résidentiel) ont un impact à l’échelle des petites et grandes villes de la métropole.

La pollution photochimique, quant à elle, est en relation avec des phénomènes plus globaux géographiquement : les émissions de polluants primaires issus du trafic des villes de la métropole (oxydes d’azote) ou des industries (composés organiques volatils), vont se transformer en ozone, notamment en saison estivale, le soleil agissant comme un catalyseur de ces réactions chimiques... L’ensemble du territoire dont la Métropole Aix Marseille Provence fait partie est touché par cette pollution photochimique avec des pics en été et des dépassements chroniques de la valeur cible pour ce polluant au niveau des populations métropolitaines.

 

Populations exposées au dépassement

 

 

 

Les graphes illustrent le nombre d’habitants exposés à la valeur limite pour le dioxyde d’azote et à la valeur cible en ozone.

 

En ce qui concerne l’ozone, en 2020, 807 000 habitants de la Métropole Aix Marseille Provence (43 %) sont exposés au-delà de la valeur cible (120 µg/m3 sur 8h plus de 25 jours/an). L’année 2020 est un peu atypique, avec un temps plus perturbé (succession remarquable de tempêtes en début d’année et épisodes méditerranéens extrêmement violents- source MétéoFrance) ce qui a moins favorisé la hausse chronique des niveaux d’ozone. Durant les 2 années précédentes en 2018 et 2019, les été plus chauds et ensoleillés furent propices à une photochimie plus active, avec respectivement 98% et 66% de population exposée.

En ce qui concerne le NO2, en 2020, environ 2000 personnes sont exposées à la valeur limite pour la santé pour ce polluant (40 µg/m3/an) sur une population de 1 878 000 habitants. L’année 2020 a été atypique en cela qu’elle a subi la pandémie accompagnée d’une réduction drastique des activités et des émissions. La qualité de l’air s’est améliorée et les populations ont été moins exposées. Pour comparaison, l’année 2019 recensait une population métropolitaine d’environ 30 000 personnes exposées à la valeur limite.  

Cependant, en 2020, si l'on s’attache à la ligne directrice OMS pour le NO2 (10 µg/m3/an), ce sont 1 487 000 habitants de la Métropole Aix Marseille Provence qui y sont exposés, représentant 79 % de la population. (Les seuils OMS : LD ou lignes directrices se sont durcies récemment).

En 2020, pour les PM10 : moins de 500 personnes sont exposés à la valeur limite annuelle (40 µg/m³/an). Au regard de la ligne directrice OMS (15 µg/m³ par an), 68 % de la population, soit 1 271 000 habitants y sont exposés.

Pour les PM2.5, on ne constate aucune exposition à la valeur limite annuelle (25 µg/m³/an), alors que l’ensemble de la population (100 %) est exposé à la ligne directrice de l’OMS (5 µg/m3/an), celle-ci étant, en effet, située sous le niveau de fond évalué pour la Région Sud.

 

Concentrations annuelles aux stations de mesure

 

 

Ci-dessus, les concentrations annuelles par polluants aux stations de mesure métropolitaines.

 

Historique des épisodes

En 2021, à l’échelle du département des Bouches du Rhône, 10 épisodes de pollution à l’ozone sont recensés ainsi que 13 épisodes de pollution aux particules fines.

Les épisodes d’ozone se sont produits entre le 11 juin et le 15 août, en pleine période estivale. Ces dernières années, le nombre de ces pics de pollution à l’ozone a pu varier entre 7 et 25 pics ; ils sont à mettre en relation avec des conditions météorologiques (ensoleillement et régimes de brises) propices à la photochimie, fréquentes. Selon Copernicus, le programme européen d'observation de la Terre, les sept années de 2015 à 2021 ont été de façon "nette" les plus chaudes jamais enregistrées de l'histoire.

Les épisodes de pollution aux particules ont révélé deux sources possibles : la grande majorité d’entre eux correspondent à des phénomènes de « combustion hivernale » ; en effet les émissions des chauffages, des transports, et des industries lors de conditions atmosphériques stables entrainent une augmentions des émissions de particules dans l’atmosphère. Notamment, avec les combustions des chauffages (fioul, bois...) les particules issues du brûlage de biomasse sont très présentes lors des périodes froides. L’autre source est celle des épisodes sahariens avec apport de particules désertiques sur la métropole mais également à l’échelle du Sud-Est de la France, notamment en février-mars et en août 2021.

 

Émissions des principaux secteurs d'activité

 

 

En 2019, sur la métropole, les oxydes d’azotes sont émis majoritairement par le transport maritime pour 31%, le transport routier pour 30%, par l’industrie pour 24%, par la branche énergie pour 9%, par le résidentiel et le tertiaire cumulés pour 3 %, ...

Les particules PM10 sont émises à hauteur de 40 % par le secteur industriel ; ensuite le secteur résidentiel en génère 19%, le secteur routier 14%, le maritime 4%, la branche énergie 4% et l’agriculture 3%...

Sur la Métropole Aix Marseille Provence, en 2019, la grande majorité des oxydes de soufre sont issues du secteur industriel à hauteur de 50 %, de la branche énergie pour 44%, puis des transports maritimes pour 3%.

Pour information,

Parmi les activités « industrielles » au sens large, on distingue trois secteurs :
- La production/transformation d’énergie : centrales thermiques pour la production d’électricité, réseaux de chaleur, Unité de valorisation énergétique des incinérateurs, raffineries, etc.
- Le traitement des déchets : incinérateurs (hors valorisation énergétique), centres de stockage, eaux usées, etc.
- L’industrie : correspond au reste des activités industrielles : industrie manufacturière (sidérurgie, cimenterie, chimie, etc.), construction/BTP, carrières, centrales d’enrobage, etc

La catégorie Emetteurs non inclus regroupe les émissions non prises en compte dans les totaux sectoriels ainsi que les sources non anthropiques. Il s’agit notamment de la remise en suspension des particules fines, des feux de forêt et des sources naturelles (végétation).

 

Pour aller plus loin

Consultez - le jumeau numérique à la rubrique - Services / Smart territoires