Fos-sur-Mer

Chiffres-clés

La commune de Fos-sur-Mer, avec 15 500 habitants environ, est située au fond du Golfe de Fos entre l’Etang de Berre et le Delta du Rhône. Elle fait partie de l’aire d’attractivité de Marseille, d’Aix et de Martigues.

Elle est marquée par le passage de la N568 qui permet des transits nord-sud et la N569 qui fait la liaison Fos Miramas Salon. Le trafic routier portuaire est présent localement et est drainé par ces voies principales. Des installations industrielles sont présentes sur la zone portuaire et celle-ci est à l’origine d’un trafic maritime important. Cette commune littorale recèle également un cœur de village, des zones, résidentielles, artisanales et de services, agricoles, des espaces naturels et côtiers, à protéger. 

Ainsi, les sources d’émissions comprennent majoritairement celles du secteur industriel et maritime. Les émissions des transports routiers sont présentes avec le réseau viaire du village et les liaisons routières avec les communes voisines. Les combustions des chauffages au bois (secteur résidentiel) et des brûlages sont des sources, sur la commune, susceptibles de dégrader régulièrement la qualité de l’air. A noter une pollution photochimique estivale marquée, au-delà de la commune, à l’échelle du département, en lien avec les grands pôles industriels et urbains proches.

La qualité de l’air s’améliore depuis une vingtaine d’année, cependant des problématiques subsistent, qu’elles soient locales (dioxyde d’azote, particules...) ou plus générales (particules, ozone), générant une exposition des populations aux polluants atmosphériques

En ce qui concerne le NO2, en 2020, aucun habitant n’est exposé à la valeur limite pour la santé humaine, mais 93 % de la population l’est au regard de la ligne directrice de l’OMS plus restrictive.

Pour les particules PM10, aucune personne n’est exposée à la valeur limite pour les PM10, mais 100 % de la population se place au-dessus du seuil de la ligne directrice OMS; et c’est l’ensemble de la population également, 100 %, qui est exposée à la ligne directrice de l’OMS pour les particules PM2.5, celle-ci étant, en effet, située sous le niveau de fond évalué pour la Région Sud.

En 2020, 500 Fosséens environ (3 %) sont exposés au dépassement de la valeur cible pour l’ozone.

 

Indice Synthétique Air

 

Cette carte synthétique, basée sur 3 polluants règlementés PM10, NO2 et O3 qualifie les zones ayant un niveau d’exposition à ces polluants plus ou moins élevés. Les grandes zones urbanisées, les réseaux routiers et autoroutiers denses, les grands pôles industriels du territoire, ports et aéroports, ont un impact important sur les émissions de polluants atmosphériques.

Sur Fos-sur-Mer, les zones à enjeux se situent au niveau des voiries les plus importantes au niveau desquelles les concentrations en oxydes d’azote augmentent en relation avec le trafic routier : il s’agit des voies principales de transit sur la commune : N568 (Route d’Arles) et N569 (Route de Courbedonne) et l’avenue Georges Pompidou dans le village.

La pollution et les nuisances industrielles (panaches) sont présentes principalement à l’ouest de la commune avec des installations classées locales de type pétrochimique et sidérurgiques.

Le trafic maritime et les activités portuaires génèrent également une grande partie des émissions des bassins ouest du GPMM. La zone industrialo-portuaire de Fos-sur-Mer est accessible aux plus grands navires dédiés aux grands flux intercontinentaux, et le port est d'importance mondiale pour l'industrie et la logistique.

A l’échelle de la commune, les combustions des chauffages au bois et des brûlages sont des sources présentes de particules notamment, susceptibles de dégrader régulièrement la qualité de l’air. Les particules liées à la combustion de biomasse augmentent dans les périodes froides pendant lesquelles la demande en énergie est plus forte avec des chaufferies et chauffages domestiques plus utilisés et donc plus émissifs.

La pollution photochimique, quant à elle, est en relation avec des phénomènes plus globaux géographiquement : les émissions de polluants primaires issus du trafic des villes de la métropole (oxydes d’azote) ou des industries (composés organiques volatils), vont se transformer en ozone, notamment en saison estivale, le soleil agissant comme un catalyseur de ces réactions chimiques... L’ensemble du territoire dont Fos-sur-Mer fait partie est touché par cette pollution photochimique avec des pics en été et des dépassements chroniques de la valeur cible pour ce polluant au niveau des populations métropolitaines.

 

Populations exposées au dépassement

 

 

Le graphe illustre le nombre d’habitant exposé à la valeur cible en ozone.

En ce qui concerne l’ozone, en 2020, 500 habitants de Fos-sur-Mer (3 %) sont exposés au-delà de la valeur cible (120 µg/m3 sur 8h plus de 25 jours/an). L’année 2020 est un peu atypique, avec un temps plus perturbé (succession remarquable de tempêtes en début d’année et épisodes méditerranéens extrêmement violents- source MétéoFrance) ce qui a moins favorisé la hausse chronique des niveaux d’ozone. Durant les 2 années précédentes en 2018 et 2019, les été plus chauds et ensoleillés furent propices à une photochimie plus active, avec respectivement 100% et 84% de population exposée.

En ce qui concerne le NO2, en 2020, aucun habitant n’est exposé à la valeur limite pour la santé pour ce polluant (40 µg/m3/an) sur une population de 15 500 habitants.

Cependant, si l'on s’attache à la ligne directrice OMS pour le NO2 (10 µg/m3/an), ce sont cependant 14 500 habitants des Fos-sur-Mer qui y sont exposés, représentant 93 % de la population. (Les seuils OMS : LD ou lignes directrices se sont durcies récemment).

En 2020, pour les PM10 : aucun habitant n’est exposé à la valeur limite annuelle (40 µg/m³/an). Au regard de la ligne directrice OMS (15 µg/m³ par an), l’ensemble des habitants y est exposé : 100 % de la population.

Pour les PM2.5, on ne constate aucune exposition à la valeur limite annuelle (25 µg/m³/an), alors que l’ensemble de la population (100 %) est exposé à la ligne directrice de l’OMS (5 µg/m3/an), celle-ci étant, en effet, située sous le niveau de fond évalué pour la Région Sud.

 

Concentrations annuelles aux stations de mesure

 

 

Ci-dessus la station de « Fos Carabin » (lieu-dit L’Hauture, proche du Chemin du Merle) mesure le NO2, les particules PM10 et PM2.5.

La station de « Fos sur Mer » mesure quant à elle du SO2 : lien vers les mesures

 

Historique des épisodes

En 2021, à l’échelle du département des Bouches du Rhône, 10 épisodes de pollution à l’ozone sont recensés ainsi que 13 épisodes de pollution aux particules fines.

Les épisodes d’ozone se sont produits entre le 11 juin et le 15 août, en pleine période estivale. Ces dernières années, le nombre de ces pics de pollution à l’ozone a pu varier entre 7 et 25 pics ; ils sont à mettre en relation avec des conditions météorologiques (ensoleillement et régimes de brises) propices à la photochimie, fréquentes. Selon Copernicus, le programme européen d'observation de la Terre, les sept années de 2015 à 2021 ont été de façon "nette" les plus chaudes jamais enregistrées de l'histoire.

Les épisodes de pollution aux particules ont révélé deux sources possibles : la grande majorité d’entre eux correspondent à des phénomènes de « combustion hivernale » ; en effet les émissions des chauffages, des transports, et des industries lors de conditions atmosphériques stables entrainent une augmentions des émissions de particules dans l’atmosphère. Notamment, avec les combustions des chauffages (fioul, bois...) les particules issues du brûlage de biomasse sont très présentes lors des périodes froides. L’autre source est celle des épisodes sahariens avec apport de particules désertiques sur la métropole mais également à l’échelle du Sud-Est de la France, notamment en février-mars et en août 2021.

 

Émissions des principaux secteurs d'activité

 

 

En 2019, les oxydes d’azotes sont émis majoritairement par le transport maritime pour 59%, l’industrie pour 28%, la branche énergie pour 11% et les transports routiers pour 1%.

Les particules PM10 sont émises à hauteur de 75 % par le secteur industriel ; ensuite, le secteur maritime en génère 12%, la branche énergie 11%, le secteur routier 2%, et le résidentiel et tertiaire en génèrent 1 %.

Sur Fos-sur-Mer, en 2019, la grande majorité d’oxydes de soufre sont issues du secteur industriel à hauteur de 51 %, de la branche énergie pour 46% et des transports maritimes pour 3%.

 

Pour information,

Parmi les activités « industrielles » au sens large, on distingue trois secteurs :
- La production/transformation d’énergie : centrales thermiques pour la production d’électricité, réseaux de chaleur, Unité de valorisation énergétique des incinérateurs, raffineries, etc.
- Le traitement des déchets : incinérateurs (hors valorisation énergétique), centres de stockage, eaux usées, etc.
- L’industrie : correspond au reste des activités industrielles : industrie manufacturière (sidérurgie, cimenterie, chimie, etc.), construction/BTP, carrières, centrales d’enrobage, etc

La catégorie Emetteurs non inclus regroupe les émissions non prises en compte dans les totaux sectoriels ainsi que les sources non anthropiques. Il s’agit notamment de la remise en suspension des particules fines, des feux de forêt et des sources naturelles (végétation).

 

Pour aller plus loin

Consultez - le jumeau numérique à la rubrique - Services / Smart territoires